Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire,
Nous traitons d'un sujet grave, la disparition lente des moutons et des bergers européens.
Le monde a un milliard de moutons. L'Europe n'en a que 97 millions, c'est-à-dire moins de 10 %. Et c'est pire pour les brebis. Nous n'en avons que 67 millions.
Certes, la Grande-Bretagne peut faire illusion avec 15 millions de têtes, l'Espagne avec 16 millions, ou l'Irlande du président Parish, autosuffisante à 333 %. Mais la France, elle, par exemple, a vu son troupeau passer de près de treize millions de têtes, il y a 25 ans, à huit millions aujourd'hui, pour atteindre cinq millions seulement en 2015.
En France, un gigot d'agneau sur deux que nous consommons vient de l'étranger. Pire, ce sont les brebis allaitantes qui disparaissent.
Les causes sont connues, certes : l'explosion des coûts de l'alimentation, la baisse de la consommation, la vie pastorale difficile, la fièvre catarrhale, la chute des prix, le découplage, mais d'abord, et surtout, les importations sans droit de douane de moutons de Nouvelle-Zélande. 227 000 tonnes de moutons de Nouvelle-Zélande arrivent chaque année, c'est-à-dire deux fois la production française. Ce ne sont pas les loups qui mangent les moutons, ce sont les moutons de
Nouvelle-Zélande qui mangent les moutons européens. Il y a un siècle et demi, la Nouvelle-Zélande avait un million de têtes de moutons. Aujourd'hui, elle en a quarante millions. Sur la même période, la France est passée de trente millions à huit millions.
Alors que faire? Il faut un grand plan européen du mouton, une volonté avec une prime de 15 euros par brebis allaitante, une prime à l'ovin de 125 % de la prime bovine, des crédits de modernisation des bâtiments, des abattoirs de proximité, un Fonds européen d'assurance des risques d'élevage, un plan d'assistance et, pourquoi pas, des bourses Erasmus pour les jeunes bergers qui pourraient aller en Espagne, en Italie, apprendre leur métier.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
Le mouton, c'est la civilisation!